J'ai eu la chance de recevoir Germain Bahri, co-fondateur de Zazu, dans mon podcast. Zazu, c'est un compte professionnel 100% en ligne pensé pour les entrepreneurs, freelancers et PME au Maroc et en Afrique du Sud. Germain a quitté UBS, travaillé avec les pionniers du digital banking européen, et décidé de construire en Afrique parce que c'est là que l'opportunité est réelle et non exploitée.
Ce qui m'a frappé pendant notre conversation n'est pas uniquement la qualité du produit. C'est le gouffre qui existe entre ce que Zazu fait et ce que le marché marocain sait de Zazu. Et ce gouffre a un nom : l'absence d'un système de contenu.
Le marché marocain du fintech s'ouvre — et la confiance reste le vrai enjeu
Bank Al-Maghrib a clairement signalé son intention : soutenir les fintechs pour réduire la dépendance au cash et accélérer l'adoption des paiements digitaux au Maroc. Les paiements mobiles ont plus que doublé en deux ans, passant de 9,7 millions à 19,7 millions de transactions. Le cadre réglementaire s'assouplit. De nouveaux acteurs arrivent.
Mais Germain l'a dit clairement dans notre conversation :
"Les Marocains sont très prudents quand il s'agit de donner leurs données — ils veulent comprendre où va leur argent."
Ce n'est pas une critique. C'est une réalité de marché. Contrairement à l'Europe où la génération Monzo a grandi avec les néobanques et adopte un nouveau compte parce que la carte est transparente ou le design est joli, le client marocain est pratique et méfiant pour les bonnes raisons. Il veut savoir si ça marche. Il veut comprendre qui est derrière. Il veut une preuve avant de confier ses finances à une plateforme qu'il ne connaît pas.
La barrière à l'adoption en fintech marocaine est émotionnelle autant que fonctionnelle. Et aucune campagne publicitaire ne fait tomber une barrière émotionnelle. Le contenu, si.
Ce que Mercury a compris avant tout le monde
Avant de parler de ce que Zazu peut faire au Maroc, il faut parler de ce que Mercury a fait aux États-Unis — parce que c'est le modèle le plus instructif qui existe pour une fintech B2B qui veut dominer son marché. Germain le mentionne lui-même dans notre podcast comme référence.
Mercury, c'est un compte professionnel pour les startups américaines. Sur le papier, Mercury fait la même chose que des dizaines de concurrents. En pratique, Mercury a construit quelque chose que ses concurrents n'ont pas : une communauté de fondateurs qui leur faisaient confiance avant d'en avoir besoin.
Ils n'ont pas fait ça avec de la publicité. Ils ont fait ça avec du contenu — des emails mensuels que les fondateurs attendaient avec impatience, des événements communautaires, une présence constante dans la vie des entrepreneurs américains. Ils ont bâti une marque autour d'une idée simple : Mercury ne vend pas un compte bancaire, Mercury rend les fondateurs invincibles.
C'est exactement ce que les fintechs marocaines doivent construire — maintenant, avant que la crise arrive, avant que la concurrence s'intensifie, avant que les places soient prises.
YouTube : le meilleur outil de confiance pour le marché marocain
Il y a quelque chose que Germain fait naturellement et qui ne peut pas scaler indéfiniment : il appelle lui-même les clients qui se plaignent. Il fait les démos lui-même. Il s'est connecté à 22h pour aider un nouveau client à ouvrir son compte. Il est le visage humain de Zazu.
Cette proximité crée de la confiance instantanément. Le problème, c'est qu'elle ne peut pas toucher 10 000 clients en même temps. YouTube peut.
Une chaîne YouTube bien construite permettrait de faire exactement ce que Germain fait en one-to-one — mais en one-to-many, 24h/24, sans qu'il ait besoin d'être derrière chaque appel :
Un client qui vous a regardé trois fois sur YouTube arrive au call de démo déjà rassuré. Le travail de confiance est fait avant même que la conversation commerciale commence.
Une bibliothèque de documentation qui réduit les coûts de support
Germain mentionne dans notre conversation que l'équipe dédiée à l'onboarding gère manuellement les cas où les clients se bloquent dans le processus — documents incorrects, questions sur les statuts, structures d'entreprise complexes.
C'est du temps humain précieux dépensé à répondre aux mêmes questions en boucle.
Une playlist YouTube structurée transforme ce coût récurrent en investissement unique. Au lieu d'un ticket support, on envoie un lien vers une vidéo. Au lieu d'une explication par message, on envoie une démonstration visuelle de 4 minutes. La vidéo ne se fatigue pas. Elle ne prend pas de congés. Et chaque fois qu'un client la regarde pour résoudre son problème, il repart avec un peu plus de confiance dans la plateforme — le support devient un point de contact positif plutôt qu'un moment de friction.
Éduquer le marché pour créer la demande
Germain dit quelque chose d'important : les Marocains s'habituent progressivement aux nouvelles solutions fintech. Le marché est en phase d'éveil. Ce qui signifie qu'une grande partie de la cible de Zazu ne sait pas encore qu'une alternative à la banque classique existe pour les entrepreneurs marocains.
Le contenu éducatif crée le marché autant qu'il le capte.
"Pourquoi séparer votre compte perso de votre compte pro" n'est pas une vidéo pour des gens qui cherchent Zazu. C'est une vidéo pour des entrepreneurs marocains qui n'y ont jamais pensé — et qui, après l'avoir regardée, se posent la question pour la première fois. Et la première réponse à cette question qu'ils trouvent, c'est Zazu. C'est ce qu'on appelle créer une intention d'achat via l'éducation — la stratégie la moins chère et la plus durable qui existe en marketing.
Le fondateur comme visage de la confiance
Les Marocains font confiance aux personnes avant de faire confiance aux marques. C'est une réalité culturelle que Germain a bien comprise — d'où sa présence personnelle dans chaque démo, chaque appel, chaque interaction client des premiers mois.
Ce que LinkedIn et YouTube permettent, c'est de scaler cette confiance personnelle. Un fondateur qui publie régulièrement — ses réflexions sur le fintech marocain, les obstacles surmontés, sa vision de ce que devrait être la banque pour les entrepreneurs africains — devient une référence dans son domaine bien avant que son produit atteigne le grand public.
Les investisseurs le lisent. Les partenaires potentiels le suivent. Les clients qui hésitent entre deux solutions font le choix humain : ils choisissent la personne qu'ils ont appris à connaître.
C'est exactement ce que Mercury a fait avec ses fondateurs aux États-Unis. Et c'est ce que les fintechs marocaines comme Zazu ont l'opportunité de faire maintenant, pendant que le marché se forme et que les places de référence sont encore ouvertes.
La vision de Zazu dépasse le Maroc — le contenu aussi
Germain est clair sur la vision : être le système d'exploitation financier des PME au Maroc, en Afrique du Sud, et au-delà. Un corpus de contenu bien produit en français, en anglais et en arabe, c'est une présence dans tous ces marchés sans bureau local.
C'est la même logique que nous avons explorée avec Charikaty dans le legaltech et Doctify AI dans la santé : les startups marocaines qui suppriment les frontières géographiques de leur service doivent aussi supprimer les frontières géographiques de leur visibilité.
Un entrepreneur à Lagos, à Johannesburg ou au Caire qui cherche une solution de compte professionnel en ligne et tombe sur une série de vidéos YouTube claires, professionnelles, produites par Zazu — c'est un client potentiel atteint sans un centime de publicité.
La confiance ne s'achète pas, elle se construit
Mercury ne vend pas un compte bancaire. Mercury vend le sentiment d'être invincible en tant que fondateur. Et ils l'ont prouvé quand SVB a chuté : les fondateurs qui avaient confiance en Mercury ont agi sans hésiter.
Zazu a le même potentiel au Maroc. Le produit est là. La vision est claire. L'équipe comprend le marché. Ce qui manque, c'est le système de contenu qui traduit tout ça en confiance visible — pour les entrepreneurs marocains qui hésitent à quitter leur banque classique, pour les PME qui ne savent pas encore qu'une alternative existe, pour les investisseurs qui cherchent la prochaine référence fintech du continent.
Ce système, c'est YouTube. C'est LinkedIn. C'est le fondateur devant une caméra, une fois par mois, qui parle à son marché dans sa langue. Les fintechs qui construisent cette confiance aujourd'hui seront celles que les entrepreneurs marocains choisiront demain — sans même comparer les alternatives.
Vous construisez une fintech au Maroc ? Votre contenu devrait travailler aussi dur que votre produit.
Chez Media For Prospects, on produit le système de contenu qui permet aux startups marocaines d'être vues, comprises et choisies — démonstrations produit filmées, témoignages clients, présence du fondateur sur LinkedIn et YouTube, clips éducatifs en darija et en français.
Si vous voulez construire la confiance que Mercury a mise des années à bâtir — mais adaptée au marché marocain et à votre réalité d'aujourd'hui — discutons-en sur WhatsApp. Yassine vous répond en moins d'une heure.